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Un été bien rempli pour José Luis Torres

Septembre 2017

Avec une exposition en solo et une série de cinq installations artistiques sculpturales semi-permanentes dans l'espace public l'artiste José Luis Torres conclu ainsi une période de présentations très prolifique et diversifiée. 

Tout d’abord, Tour de force est une œuvre extérieure à grande échelle qui a été créée de toutes pièces pour le 50e anniversaire de la Maison des arts Desjardins de Drummondville. L’imposante intervention, composée d'une multitude de portes et des fenêtres de tous les styles et aux couleurs éclatantes, est une invitation à réfléchir et à s'interroger sur la notion de diversité. L’œuvre exploite concrètement le motif de l’unité, une unité formée à partir de la multiplicité. Cette diversité est donc prise comme source d’unité, à l’image du processus collectif qui fait naître une société. 

En même temps, l'exposition en solo Bûcher des vanités a été présentée au public à la Galerie d'art de la Maison des arts Desjardins de Drummondville. Le corpus d’œuvres réunies pour cette exposition est constitué d'assemblages issus de manipulations, simples en apparence, mais qui remettent en question l'identité des objets utilisés. Les résultats obtenus créent une perte de repères, conséquente d'un jeu sur la confusion de la perception. Ce passage du familier vers l'étrange est corollaire d'une réflexion sur les objets de notre environnement quotidien.

Durant le mois de juillet, Torres a dévoilé La cible au Harbourside Park à Saint-Jean de Terre-Neuve. L'œuvre d'art public, commandée par Cadillac Canada pour commémorer le 150e anniversaire du Canada, est une interprétation de la précision derrière le mouvement d'horlogerie et le temps lui-même. La création aussi rend hommage à Sandford Fleming, ingénieur écossais-canadien, qui a proposé le système des fuseaux horaires standards à l'échelle mondiale en 1879. 

De retour de la région de l'Atlantique et inspiré par des rapports quelquefois opposés entre nature et culture, Torres a conçu In Nature sur la façade du bâtiment de la Bibliothèque de Rivière-des-Prairies à Montréal. Faite essentiellement de baguettes de bois peintes couleur en vert, l’œuvre représente une structure qui s’apparente à la forme d’un massif de graminées. À la fois cachette et observatoire, abri et nid, cette espace de transit nous renvoie à des besoins universels et propres à la nature humaine liés aux notions de sécurité, d'enveloppement et d'habitat. 

Peu de temps après, l’artiste a créé et installé Démesure à la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles à Montréal. De façon ludique et avec une pointe d’ironie, l’installation rassemble un nombre impressionnant d’objets colorés issus de nos environnements familiers. L’œuvre situe d’emblée le visiteur face aux notions d’expansion et d’excès. Rapidement, sa configuration polymorphe est perçue par le public comme séduisante et ludique avec ses couleurs vives. Cependant, on y détecte un aspect plus inquiétant, comme si elle représentait une menace potentielle.

Dans un autre temps, c’est l’œuvre Constellation que l’artiste présente lors de l'exposition d’art public temporaire intitulée Métissage. Il s’agit d’un projet conçu pour La promenade Fleuve-Montagne dans le cadre des legs du 375e anniversaire de la ville de Montréal. 

« Configuration visuelle qui nous parle de notre instantanéité, de toutes ces nouvelles plateformes de la communication qui nous permettent de nous maintenir en contact ; parcelles supposément communicantes de contenus que nous sommes devenus, mais certainement d’échanges, dont le téléphone intelligent permet l’opération pourvu que l’on apprivoise les signes de ses systèmes. La figure se compose de caissons lumineux qui représentent des icônes de communication tels le courriel, le texto ou Messenger. La configuration adoptée est celle d’une constellation d’étoiles, autre signe d’un trajet aléatoire qui permet une certaine gestalt, adoptée afin de localiser la Terre, son orientation et sa propre trajectoire autour du soleil.», écrit Stéphane Bertrand, commissaire de l’exposition.  

La plupart des œuvres resteront accessibles au grand public pour la période des mois d’octobre et de novembre 2017.

 

Trois expositions en solo pour José Luis Torres

Juin 2017

Avec deux expositions en solo en Ontario et une troisième en Colombie-Britannique, l'artiste José Luis Torres inaugure ainsi une période de présentations très prolifique et diversifiée. 

D’abord à Ottawa, du 7 avril au 20 mai, l’exposition Fantasmes a été présentée au public à la galerie de l’École d'art d'Ottawa - Campus d’Orléans du Centre des Arts Shenkman. Un caractère ludique, provoqué par le détournement de divers objets, émane des différents assemblages. Dans cette exposition, l'artiste analyse le rôle que jouent des objets liés aux activités humaines dans notre culture, tout en mettant en lumière le fait que ces objets sont aussi le moyen par lequel nous accédons à des représentations de nous-mêmes. Manipulés, regroupés et transformés, ces objets deviennent des œuvres qui confrontent les visiteurs et les amènent à se questionner sur l’impact de leurs gestes quotidiens.

En Colombie-Britannique du 29 avril au 3 juin, Torres était invité par l’Arnica Artist Run Centre de Kamloops, où il a présenté The eloquences of the objets. Cette exposition a pris la forme d’une installation in situ réalisée à partir de divers matériaux glanés sur la voie publique. Liés entre eux, entassés ou adossés, une foule d’objets usuels sont intégrés à une mise en scène sculpturale, à un jeu d’équilibre savamment atteint à l’aide de tension et de points d’appui. Tel un nomade, le visiteur erre à l’intérieur de cet univers en construction ou en ‘’déconstruction’’ au parcours inachevé.

De retour en Ontario, l’artiste a réalisé l’exposition De l'horizontal au vertical à la Galerie Karsh-Masson à Ottawa, du 4 mai au 11 juin dernier. « Lorsqu'il conçoit De l'horizontal au vertical, Torres emplit la Galerie Karsh-Masson de sa vision personnelle, pour créer un environnement repensé. À la fois processus et résultat de la cartographie des lieux, la galerie réaménagée le temps de son exposition devient aussi cartographie de l'artiste qui s'y révèle. Sa façon d'occuper l'espace, ses techniques de transformation, d'installation et de manipulation des objets, ou encore les matériaux qu'il emploie sont autant de marqueurs de son univers artistique. Car si le processus d'in situ offre une proximité privilégiée avec la pensée de l'artiste, et sous-entend par là une plus grande fidélité à la réalité, cette dernière n'en demeure pas moins imprégnée de sa partialité. », écrit Céline Le Merlus dans le catalogue de l’exposition.

Par ces trois réalisations, l’artiste poursuit aussi sa réflexion au sujet de l’interaction du public avec ses œuvres. En transformant les spectateurs en acteurs de ses œuvres, José Luis Torres les pousse à se mettre en scène, à gagner le centre de ses expositions, à en devenir le sujet.

Photo Credit: City of Ottawa