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Un début d’année très prolifique pour José Luis Torres

Mars 2017

Rien de moins qu’une exposition solo et trois collectives, proposant de toutes nouvelles œuvres de l’artiste José Luis Torres, se sont déroulées dans le premier trimestre de 2017 au Québec et en Ontario.

En janvier, dans le cadre de l’exposition collective Yonder, Torres a réalisé l’œuvre Adaptation au UWAG University of Waterloo Art Gallery, en Ontario. Cette exposition co-commissariée par Matthew Brower et Mona Filip a été présentée du 12 janvier au 4 mars. Explorant les thèmes chers à l’artiste dont les rapports interculturels et la construction identitaire, Torres a pris d'assaut l'intérieur de la galerie avec une installation conçue à partir de fausses fourrures. L’œuvre fait écho aux relations durables et réciproques qui se créent au sein de diverses sociétés. Cette exposition réunit un groupe d'artistes canadiens d'origines culturelles diverses, dont les œuvres examinent l'immigration dans tous ses états.

Dans un autre temps, l'artiste participe de l'exposition collective intitulée Module Operandi, du 18 février au 2 avril, à la Galerie d’art Stewart Hall de Pointe-Claire, Québec. « Avec Para-site, José Luis Torres restructure l’architecture existante de la galerie, se l’approprie et offre au visiteur de l’investir à son tour. Non seulement le contenu – œuvre d’art – et le contenant – galerie d’art – se confondent, mais de plus, le visiteur qui pénètre dans la structure devient partie intégrante de l’installation. En utilisant des colombages ordinaires (matériau de base pour la construction de murs, qui sera habituellement camouflé par la suite), Torres met à nu l’âme de l’architecture, contribuant ainsi à démystifier l’espace de la galerie » commente Céline Le Merlus, co-commissaire de l’exposition avec Manel Benchabane. 

C’est en début mars que Torres a présenté l’œuvre Cheval de Troie lors d’un des événements culturels incontournables de l’année à Montréal, la 9e édition du festival d'art contemporain Art Souterrain. De façon ludique et avec une pointe d’ironie, l’installation Cheval de Troie rassemble un nombre impressionnant d’objets colorés issus de nos environnements familiers. L’œuvre monumentale érigée dans la cour centrale du Complexe Guy Favreau situe d’emblée le visiteur face aux notions d’expansion et d’excès. Rapidement, l’œuvre polymorphe est perçue par le public comme séduisante et ludique avec ses couleurs vives. Cependant, on y détecte un aspect plus inquiétant, comme si elle représentait une menace potentielle. Cet événement sera présenté jusqu’au 26 mars.

Dans la région de La Maurice, du 15 au 31 mars, l’artiste était invité par la Galerie d’art R3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières où il y a présenté Point de basculement. Cette exposition a pris la forme d'une installation à grande échelle réalisée principalement à partir du mobilier emprunté dans les réserves de l'université. Dans le cadre d’une courte résidence de création la totalité de l’espace d’exposition est devenue le support d’un amalgame d’interventions temporaires invitant à une relecture poétique de l’espace environnant. L’objectif était de susciter une réflexion sur l’occupation de l’espace, la notion de vie quotidienne et la précarité humaine. Le projet d’exposition a été couronné par une conférence donnée par l’artiste et organisée par L’Atelier Silex de Trois-Rivières. 

Interventions internationale et canadienne en plus de deux expositions au Québec pour José Luis Torres

Novembre 2016

José Luis Torres est tout juste de retour d’Argentine où il a érigé dans les jardins du Musée Supérieur des Beaux-Arts Palacio Ferreyra de Córdoba l'installation sculpturale Tout ce qui brille n'est pas or (All that glitters is not gold). Plus tôt, en octobre, l’artiste a réalisé l’intervention D’une autre nature dans le cadre du Symposium d’art/nature : Moncton 2016. D’autre part, deux expositions de Torres sont en cours en ce moment au Québec, soit à la Galerie Lilian Rodriguez à Montréal et à l’Espace Parenthèses, lieu de diffusion des arts du Cégep de Sainte-Foy à Québec.

Tout d’abord, l’installation D’une autre nature se présente au public de passage au Parc écologique du Millénaire de Moncton, et ce jusqu'à l'été 2017, sous la forme d’une intervention architecturale de fortune. Une structure en forme de tour est bâtie en plein milieu du parc. Cette construction apparemment précaire, bricolée à partir de matériaux divers, n’est ni tout à fait un refuge de nuit pour squatteur ni entièrement une installation sculpturale éphémère mais plutôt la conséquence de la confrontation de ces deux apparences dans un espace public. En ce sens, l’œuvre remet en question la valeur d’usage d’un parc en se présentant comme un agencement spontané et ambiguë.

Dans un autre temps, en Argentine, du 20 au 30 octobre dernier, l’artiste a élaboré son imposante intervention Tout ce qui brille n'est pas or dans le parc du Musée Supérieur des Beaux-arts Palacio Ferreyra. L’installation élaborée à partir d’échafaudages peints en or se présente comme un appendice débordant du bâtiment vers ses magnifiques jardins. L’intervention revêt une dimension critique lorsque s’échafaude de façon temporaire et chaotique dans un lieu emblématique de la ville de Córdoba par le caractère historique de son aménagement. Elle détourne et restructure l’architecture existante, l’œuvre est ainsi à la fois une transformation et une réappropriation du site. L’utilisation d’une structure précaire génère des multiples associations au notions de construction/déconstruction de l’identité du lieu. Et, dans ce cas, l’œuvre réitère le paradigme de la ville contemporaine, entendue comme organisme vivant en perpétuelle mutation. 

Par ces deux réalisations, l’artiste poursuit sa réflexion au sujet de l’interaction du spectateur avec ses constructions. En transformant le public en acteur de ses œuvres, José Luis Torres pousse les gens à se mettre en scène, à gagner le centre de ses interventions, à en devenir le sujet. Tel un nomade, le visiteur errera à l’intérieur d’un univers architectural en construction ou en ‘’déconstruction’’ souvent inachevé. En plus de s’inscrire dans le paradigme culturel du recyclage, les deux installations in situ ont été réalisées avec des matériaux pauvres, un axe de travail cher au sculpteur.

Aussi, Torres présente actuellement deux nouvelles expositions solos en simultanée, l'une à la Galerie Lilian Rodriguez intitulée Une question de fois avec des œuvres qui rendent hommage à la valeur poétique de l'objet. Ce nouveau corpus a pour point de départ des matériaux usuels réunis de façon ludique et fantaisiste renversant littéralement l’idée convenue que le regardeur a de certains objets. L’autre exposition, Apparences trompeuses, à l’Espace Parenthèses, présente plus d’une dizaine de sculptures, ainsi que quatre collages. Ce sont des choses simples et familières, cependant elles ont perdu leur finalité utilitaire pour gagner une autre matérialité. À la manière du camouflage, ces apparences peuvent être trompeuses et, souvent, leurs interprétations peuvent porter à confusion. 

Ces deux expositions seront présentées jusqu'au 17 décembre prochain.