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Une année 2018 marquée par les enjeux de l'immigration

Décembre 2018

Au cours de l'année 2018, l'artiste José Luis Torres a présenté trois expositions en solo en Ontario, au Québec et en Alberta abordant les enjeux actuels liés à l'immigration, à l'exil et à la notion d'identité(s).

Les mouvements de population à travers le monde ne sont pas nouveaux. De tout temps, des migrants ont quitté leur patrie pour trouver une vie meilleure ailleurs. Le Canada est, depuis longtemps, une terre d’accueil. Cependant le nombre d'immigrants reçus a beaucoup augmenté et varié au gré des fluctuations de l’économie mondiale, des conflits internationaux et des politiques migratoires. C’est ce phénomène que Torres a voulu explorer dans son travail.

C’est d’abord à Toronto,du 21 juin au 26 août 2018, que Torres était invitépar la commissaireet directrice de la Koffler Gallery, Mona Filip, a créé Question d’adaptation : une imposante installation sculpturale axée sur trois notions essentielles à l’expérience de la migration: le camouflage, la réflexion et la reconstruction. 

Tenter de se fondre dans le nouveau milieu culturel et de refléter les conventions sociales est un processus familier pour les nouveaux arrivants. L’assimilation affectant de manière indélébile l'enjeu identitaire, les couches d’individualité risquent de devenir quasi invisibles ou de se reconfigurer et de se reconstruire pour devenir une expression de soi de plus en plus complexe.

En explorant métaphoriquement les stratégies d’adaptation et en réinventant l’identité immigrante, Torres transforme l’espace d’exposition par des interventions sculpturales, créant ainsi un cadre immersif qui bouleverse les attentes des visiteurs. L'installation se présente comme une construction enveloppante, apparemment sans fin, qui reflète l'état de précarité et de changement perpétuel inhérent à l'immigration. 

De retour au Québec, pendant le mois de juillet, l’artiste a réalisé Errances : un projet artistique spécifiquement conçu pour le Centre d'Art Jacques-et-Michel-Auger à Victoriaville et en partenariat avec la Biennale nationale de sculpture contemporaine - 2018. 

Dans l’installation, des symboles originalement conçus pour nous orienter, se transforment en éléments destinés à nous tromper ou à nous perdre. Par l’invention d’une nouvelle topographie, l’artiste installe des dispositifs esthétiques et conceptuels qui font s’interroger le visiteur et qui l’invitent à se mouvoir et à s’émouvoir dans un lieu compris comme un objet, parmi des objets compris comme des lieux.

Conscient que le mouvement est aussi une construction de soi, José Luis Torres est attentif aux bifurcations et aux changements de direction qui façonne notre mode de vie d’aujourd'hui. 

La correspondance entre les éléments qui composent l’installation autant que les références empruntées à la géographie et à la science de la cartographie créent un espace d’interrogations sur une réalité migratoire dans laquelle le déplacement appelle la fragilité, l’instabilité ainsi que la capacité d’adaptation de l’être humain.

En Alberta, pendant le mois de septembre,l’artiste était invité par Josephine Mills, commissaire et directrice de l’University of Lethbridge Art Gallery, où il a créé et présenté The Everyday Future

Cette exposition a pris la forme d'une installation à grande échelle réalisée à partir de la déconstruction de deux caravanes. Dans le cadre d’une résidence de création la totalité de l’espace intérieur de la galerie et l’espace extérieur du campus de l’université sont devenus le support d’un amalgame d’interventions temporaires. L’objectif de ce projet était de susciter dans la population une remise en question sur l’occupation de l’espace, la précarité humaine et les enjeux liés à l'immigration. 

De cette façon, l'artiste utilise ici des caravanes reconstruites pour pousser l’utopie de l’habitat jusqu’à ses limites, jouant à compromettre la notion de confort propre à la demeure.

The Everyday Future interroge le rapport entre la notion d’habitat, qui implique une stabilité, et celle de campement, qui suppose un état de vulnérabilité. 

Pour des informations additionnelles :

University of Lethbridge Art Gallery: http://www.uleth.ca/artgallery/?p=16904 

Koffler Gallery: http://kofflerarts.org/exhibitions/2018/03/26/jose-luis-torres-question-dadaptation/ 

Centre d'Art Jacques-et-Michel-Auger: http://www.lecarre150.com/expositions/detail/Jose-Luis-Torres/Errances/29-06-2018-12-00 

Biennale nationale de sculpture contemporaine: http://www.bnsc.ca/6749-jose_luis_torres

 

José Luis Torres clôture l'année 2017 de belle façon!

Décembre 2017

Avec l’exposition inédite D’entrée de jeu présentée au Musée national des beaux-arts du Québec et sa participation à l'événement d’art public Urban Green: artscarp à Hamilton, en Ontario, l'artiste José Luis Torres conclu ainsi une année très prolifique et diversifiée. 

C’est d’abord en Ontario, du 30 septembre au 2 décembre 2017, que Torres était invité par la commissaire de l’exposition pancanadienne Urban Green Artscarp, Sally Frater, a présenter Securitas II dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire du Canada au Sam Lawrence Park, à Hamilton. 

Renouvelant la notion de travail in situ, en écho à l’esprit du lieu, le projet affirme l’idée d’une œuvre d’art à caractère « installatif » qui confronte radicalement le paysage. L’œuvre Securitas II, mot latin aux multiples significations, fait à la fois allusion à la protection, à la prévention et au sentiment d'être à l'abri de tout danger et risque. L’œuvre nous renvoie à nos obsessions sécuritaires, en évoquant un lieu de protection absolue qui garantit notre sureté mais, que l’on pourrait également interpréter comme un dispositif qui restreint notre accès à son contenu. 

De retour au Québec, pendant le mois de novembre, l’artiste a réalisé D’entrée de jeu, un projet artistique spécifiquement conçu pour le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). 

Une immersion progressive dans une expérience visuelle et tactile très captivante qui stimule l’intérêt des plus petits envers l’art. Un espace interactive et ludique dans lequel les enfants, accompagnés de leur famille, aiguisent leur regard sur la création, par l’amusement et l’exploration. 

La couleur, la texture et le touché jouent un rôle essentiel dans la conception de ce projet stimulant. De plus, l'ensemble des éléments sculpturaux permettent aux enfants de découvrir l’univers de Torres et de partager avec lui sa démarche et sa pratique créative. L’exposition aux mille et un accents colorés convie les publics à observer, créer et se mettre en scène. Avec ses murs parsemés de jeux d’illusions d’optique et d’effets en trois dimensions, les familles pourront profiter d’une ambiance unique qui a tout pour stimuler, pour explorer et pour réinventer de nouvelles règles du jeu. 

En même temps, par l'utilisation iconoclaste de matériaux recyclés, l’exposition attire l’attention des enfants et leur montre comment devenir plus responsables envers notre planète. Chaises, kayaks, brouettes, bouées, bacs, arrosoirs, cônes et portes, pour ne nommer que ceux-là, seront une source de découverte et d'émerveillement, mais ils proposeront aussi un deuxième niveau de lecture, histoire de s'interroger sur notre rapport à l'objet, voire notre façon de les consommer. 

Avec D’entrée de jeu, tout le pavillon central du MNBAQ prend vie dans une expérience vibrante en quatre actes :

LE PASSAGE

Entre les murs du Passage Riopelle, sont apparues de drôles de formes si douces mais à la fois inquiétantes. De façon ludique et avec une pointe d’ironie des formes tubulaires recouvertes de fausse fourrure verte, orange, bleue et rose situent les passants face aux notions de diversité. Procurant une stimulation visuelle et tactile, mais aussi un temps de questionnement, toute l’expérience se rapporte à un échange entre abstraction poétique et réflexion propre à une société en constant changement. 

L'ARCHIPEL 

Conçu comme un casse-tête géant aux possibilités infinies, des modules sur roulettes sont mis à la disposition des participants. Peints en orange, tous les éléments constituant ces modules forment tantôt un archipel de formes ou encore un chantier de création inspirant. Manipulation et création sont les mots-clés pour aborder cette section de la Galerie famille.

LA FUGUE

Sculptures surprenantes réalisées à partir d’objets multiformes et multicolores, les œuvres de Torres dans l’espace public sont vraiment distinctes. D’entrée de jeu propose un de ces magnifiques bric-à-brac, La fugue, comme une cascade d’objets en équilibre, déborde même à l’extérieur de la Galerie famille. Tout pour impressionner, faire sourire, être transporté et aussi… faire réfléchir.

LA CABANE RÉINVENTÉE

Les espaces destinés à la contemplation en silence sont aussi importants que ceux qui sont dédiés au jeu actif. Dans une autre zone de l’exposition, les enfants emprunteront plusieurs passerelles qui les mèneront vers une cabane de rêve avec ses coussins moelleux et ses livres captivants. Ils pourront s’y reposer, observer et multiplier les perspectives, permettant une variété d’interprétations spatiales, et enfin, s’inventer des chasses au trésor ou encore des lieux secrets. 

L’exposition D’entrée de jeu sera accessible jusqu’au 14 octobre 2018.

Pour des informations additionnelles : https://www.mnbaq.org/exposition/d-entree-de-jeu-1254