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Trois expositions en solo pour José Luis Torres

Juin 2017

Avec deux expositions en solo en Ontario et une troisième en Colombie-Britannique, l'artiste José Luis Torres inaugure ainsi une période de présentations très prolifique et diversifiée. 

D’abord à Ottawa, du 7 avril au 20 mai, l’exposition Fantasmes a été présentée au public à la galerie de l’École d'art d'Ottawa - Campus d’Orléans du Centre des Arts Shenkman. Un caractère ludique, provoqué par le détournement de divers objets, émane des différents assemblages. Dans cette exposition, l'artiste analyse le rôle que jouent des objets liés aux activités humaines dans notre culture, tout en mettant en lumière le fait que ces objets sont aussi le moyen par lequel nous accédons à des représentations de nous-mêmes. Manipulés, regroupés et transformés, ces objets deviennent des œuvres qui confrontent les visiteurs et les amènent à se questionner sur l’impact de leurs gestes quotidiens.

En Colombie-Britannique du 29 avril au 3 juin, Torres était invité par l’Arnica Artist Run Centre de Kamloops, où il a présenté The eloquences of the objets. Cette exposition a pris la forme d’une installation in situ réalisée à partir de divers matériaux glanés sur la voie publique. Liés entre eux, entassés ou adossés, une foule d’objets usuels sont intégrés à une mise en scène sculpturale, à un jeu d’équilibre savamment atteint à l’aide de tension et de points d’appui. Tel un nomade, le visiteur erre à l’intérieur de cet univers en construction ou en ‘’déconstruction’’ au parcours inachevé.

De retour en Ontario, l’artiste a réalisé l’exposition De l'horizontal au vertical à la Galerie Karsh-Masson à Ottawa, du 4 mai au 11 juin dernier. « Lorsqu'il conçoit De l'horizontal au vertical, Torres emplit la Galerie Karsh-Masson de sa vision personnelle, pour créer un environnement repensé. À la fois processus et résultat de la cartographie des lieux, la galerie réaménagée le temps de son exposition devient aussi cartographie de l'artiste qui s'y révèle. Sa façon d'occuper l'espace, ses techniques de transformation, d'installation et de manipulation des objets, ou encore les matériaux qu'il emploie sont autant de marqueurs de son univers artistique. Car si le processus d'in situ offre une proximité privilégiée avec la pensée de l'artiste, et sous-entend par là une plus grande fidélité à la réalité, cette dernière n'en demeure pas moins imprégnée de sa partialité. », écrit Céline Le Merlus dans le catalogue de l’exposition.

Par ces trois réalisations, l’artiste poursuit aussi sa réflexion au sujet de l’interaction du public avec ses œuvres. En transformant les spectateurs en acteurs de ses œuvres, José Luis Torres les pousse à se mettre en scène, à gagner le centre de ses expositions, à en devenir le sujet.

Photo Credit: City of Ottawa

Un début d’année très prolifique pour José Luis Torres

Mars 2017

Rien de moins qu’une exposition solo et trois collectives, proposant de toutes nouvelles œuvres de l’artiste José Luis Torres, se sont déroulées dans le premier trimestre de 2017 au Québec et en Ontario.

En janvier, dans le cadre de l’exposition collective Yonder, Torres a réalisé l’œuvre Adaptation au UWAG University of Waterloo Art Gallery, en Ontario. Cette exposition co-commissariée par Matthew Brower et Mona Filip a été présentée du 12 janvier au 4 mars. Explorant les thèmes chers à l’artiste dont les rapports interculturels et la construction identitaire, Torres a pris d'assaut l'intérieur de la galerie avec une installation conçue à partir de fausses fourrures. L’œuvre fait écho aux relations durables et réciproques qui se créent au sein de diverses sociétés. Cette exposition réunit un groupe d'artistes canadiens d'origines culturelles diverses, dont les œuvres examinent l'immigration dans tous ses états.

Dans un autre temps, l'artiste participe de l'exposition collective intitulée Module Operandi, du 18 février au 2 avril, à la Galerie d’art Stewart Hall de Pointe-Claire, Québec. « Avec Para-site, José Luis Torres restructure l’architecture existante de la galerie, se l’approprie et offre au visiteur de l’investir à son tour. Non seulement le contenu – œuvre d’art – et le contenant – galerie d’art – se confondent, mais de plus, le visiteur qui pénètre dans la structure devient partie intégrante de l’installation. En utilisant des colombages ordinaires (matériau de base pour la construction de murs, qui sera habituellement camouflé par la suite), Torres met à nu l’âme de l’architecture, contribuant ainsi à démystifier l’espace de la galerie » commente Céline Le Merlus, co-commissaire de l’exposition avec Manel Benchabane. 

C’est en début mars que Torres a présenté l’œuvre Cheval de Troie lors d’un des événements culturels incontournables de l’année à Montréal, la 9e édition du festival d'art contemporain Art Souterrain. De façon ludique et avec une pointe d’ironie, l’installation Cheval de Troie rassemble un nombre impressionnant d’objets colorés issus de nos environnements familiers. L’œuvre monumentale érigée dans la cour centrale du Complexe Guy Favreau situe d’emblée le visiteur face aux notions d’expansion et d’excès. Rapidement, l’œuvre polymorphe est perçue par le public comme séduisante et ludique avec ses couleurs vives. Cependant, on y détecte un aspect plus inquiétant, comme si elle représentait une menace potentielle. Cet événement sera présenté jusqu’au 26 mars.

Dans la région de La Maurice, du 15 au 31 mars, l’artiste était invité par la Galerie d’art R3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières où il y a présenté Point de basculement. Cette exposition a pris la forme d'une installation à grande échelle réalisée principalement à partir du mobilier emprunté dans les réserves de l'université. Dans le cadre d’une courte résidence de création la totalité de l’espace d’exposition est devenue le support d’un amalgame d’interventions temporaires invitant à une relecture poétique de l’espace environnant. L’objectif était de susciter une réflexion sur l’occupation de l’espace, la notion de vie quotidienne et la précarité humaine. Le projet d’exposition a été couronné par une conférence donnée par l’artiste et organisée par L’Atelier Silex de Trois-Rivières.