José Luis Torres

Crédit photo : Adam Kuzik

Démarche artistique

José Luis Torres est né en Argentine. Il détient un baccalauréat en arts visuels, une maîtrise en sculpture et une formation en architecture ainsi qu'en intégration des arts à l'architecture. Il vit et travaille au Québec depuis 2003.

Ses œuvres ont été présentées dans le cadre de nombreuses expositions individuelles et collectives, au sein d’interventions publiques ainsi qui au cours de résidences d’artistes à travers le Canada, l’Argentine, les États-Unis, le Mexique et l’Europe. 

Dans mon travail, je cherche à stimuler le rapport qui est établi entre le lieu d’accueil, l’œuvre et l’individu qui interagit. Ma pratique artistique, qu’aborde surtout la sculpture, l’installation et l’intervention publique, est motivée par la notion d’appropriation de l’espace et par des détournements de sens, par le biais de gestes simples posés sur des matériaux issus de nos environnements quotidiens. 

Les stratégies de mise en espace occupent une place importante dans mon processus de création. Fréquemment, la configuration spontanée, inachevée et ouverte de mes créations, sous forme d'installations in situ et d'interventions éphémères, renvoie à l’architecture. 

Du côté de la réception, le spectateur est invité à regarder, à explorer et à vivre l’œuvre physiquement puisque celle-ci est à échelle humaine. 

Le but de mes constructions, accumulatives, virales et invasives, n’est pas la forme mais l’action de donner forme à une utilisation ou à une situation. Ce dialogue établi entre le lieu et l’œuvre influence directement la configuration de mes constructions, parfois sans dessin ni plan, le choix des matériaux et leur proportion. 

Au-delà de leur aspect parfois rudimentaire, mes œuvres touchent à la notion de mémoire d’un lieu, d’un bâtiment et de leurs habitants. Certains de mes projets intègrent d’ailleurs le public à leur réalisation. 

Dans mes projets, les œuvres sont « mises en scène » de façon à repenser les modes conventionnels de présentation d’une œuvre d’art, mais aussi l’image idéalisée du travail de l’artiste. « Faire avec » est un de mes besoins et un des fondements de ma démarche.

Chaque œuvre s’ancre dans la réflexion sur le phénomène de la coexistence avec des éléments non planifiés, se modifiant l’un l’autre pour former des environnements en évolution permanente. Des constructions et des « déconstructions » progressives qui explorent nos façons d'occuper l‘espace en utilisant de manière subversive les règles du bricolage.

Avec mes projets récents, j’aborde la question de la valeur de l’objet comme témoin de l’histoire et son statut paradoxal, à la fois fondamental et accessoire. En multipliant leurs manipulations, j’explore les mécanismes de construction/déconstruction de leur identité.

Depuis quelques années, je crée des œuvres d'art à caractère « installatif » et temporaire. Souvent de grandes dimensions, elles sont intégrées à l'architecture ou à l’environnement immédiat. Ces projets m’ont permis de réaliser dans l’espace des œuvres autonomes qui se veulent des « indicateurs » de l’art contemporain. Ces œuvres s’inscrivent en relation avec le lieu par leur échelle, leur envergure et leur capacité à prendre en charge le contexte dans lesquelles elles s’inscrivent, aussi bien en milieu naturel, qu’en milieu urbain. 

Accordant un intérêt particulier à la valeur symbolique de l’objet, je propose dans chaque projet une série d’expériences où les particularités du lieu, tant architecturales, culturelles que sociales, sont intrinsèquement liées.