Paysages portatifs, paysages de la mémoire

Cette série a pour origine l’œuvre Temps et boue, projet de recherche sur le paysage effectué à la résidence d’artiste du centre Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli à l’automne 2004.

Les sculptures ont la forme de caisses-moules faites de panneaux ouverts de diverses manières et à divers degrés. Conçues comme des jeux de constructions, chacune des caisses-moules est une œuvre itinérante chargée des souvenirs personnels de l’artiste. En se déployant, elles dévoilent des paysages fictifs basés sur la réinterprétation d’espaces réels que l’artiste a fréquentés.

Nomades, ces œuvres invitent à un voyage imaginaire sans tracé prédéfini qui se développe en découvrant et en ajoutant chaque fois de nouvelles formes, en montant et en démontant des pièces en perpétuel mouvement.

La technique traditionnelle sud-américaine de construction : le pisé

Construites en terre crue compactée et en contreplaqué de bois, les sculptures s’inspirent d’une tradition ancestrale utilisée en Amérique du Sud pour la construction de l’habitat populaire : le pisé de terre. Elle implique la succession de trois opérations de base: la construction et l’assemblage des coffrages de bois, le remplissage et le compactage de la terre crue à l’aide d’une dameuse ou pilon, et finalement le démontage ou décoffrée.

Choisir le pisé comme technique de construction est pour moi une façon de se relier à une tradition enracinée dans la mémoire des peuples sud-américains.

“La forme que prend ce projet assure l’idée d’identité culturelle dans un rapport à l’occupation de l’espace, à la résurgence de la mémoire et à la mobilité, en cherchant par conséquent à enrichir l’expérience et la conscience, en reflétant la trace de mon propre déplacement.

Dans un système globalisateur où on essaie d’effacer les empreintes, l’art s’impose comme une forme de notre mémoire : il restitue les traces.”